Une marge de progression immense pour la délégation d'assurance de prêt

15/09/2017

La législation sur l'assurance emprunteur s'est étoffée ces dernières années, l'ultime avancée étant la substitution annuelle qui entrera en vigueur à compter de janvier 2018 pour tous les contrats en stock. Les courtiers et les assureurs sont d'ores et déjà prêts à grignoter aux banques les parts d'un marché qu'elles ne finissent pas de monopoliser.

Seulement 15% d'assurances déléguées

Sur le papier, le marché de l'assurance de prêt a été libéralisé par la loi Lagarde de septembre 2010. En revanche, sur le terrain, l'entrée en vigueur du libre choix de l'assurance pour l'emprunteur qui contracte un crédit n'a pas été suivie d'effets concluants : sept ans après, les assurances déléguées n'arrivent toujours pas à briser le plafond de verre des 15%.

Entre temps la réglementation a renforcé la protection de l'emprunteur, lui offrant en juillet 2014 la possibilité de changer de contrat dans les 12 mois qui suivent la signature du prêt. Une contrainte temporaire qui freine sans conteste les ardeurs des emprunteurs, tout juste sortis d'un marathon administratif pour décrocher leur crédit immobilier.

La substitution annuelle de l'assurance de prêt est la dernière pierre apportée à l'édifice. Eligible à tout nouvel emprunteur depuis le 26 février 2017, elle sera applicable à tous dès janvier 2018. La concurrence se prépare à faire face à une recrudescence des demandes de changement. L'occasion est aussi donnée aux banques de s'adapter à cette ultime réglementation qui risque de saper leur monopole sur ce marché.

Un marché très rentable âprement disputé

L'assurance de prêt, c'est 6,5 milliards d'euros de cotisations engrangés en 2016, une manne financière qui devrait être plus équitablement distribuée, mais qui pourrait aussi se contracter à la faveur d'une guerre des prix. Sur les rangs, les banques : coupables de mutualisation, leurs contrats gagnent en personnalisation pour mieux répondre aux multiples profils des candidats à l'emprunt. L'assurance de prêt est leur bouée de secours dans un contexte de taux des crédits très bas. Certaines font même appel à des courtiers partenaires pour conserver un client qui refuse le contrat groupe (BPCE avec CBP Solutions). En embuscade, les assureurs et les courtiers qui affinent leurs offres pour parer au principe d'équivalence de niveau de garanties et proposent des services pour accélérer la souscription (formulaire de souscription en ligne, dont le questionnaire de santé).

Mieux informer l'emprunteur sur la délégation d'assurance de prêt

Tous se préparent et parient sur l'envie des emprunteurs de changer de contrat pour être mieux couvert en payant moins. Là est bien l'enjeu : on va voir ailleurs pour faire des économies...encore faut-il savoir que la démarche est possible. La loi impose aux établissements de crédit d'informer le candidat à l'emprunt de son libre choix de l'assurance de prêt. Une fois son emprunt décroché, qui l'informera qu'il peut changer d'assurance à chaque échéance ? Les campagnes publicitaires devraient rapidement envahir les écrans à l'approche de l'entrée en application de l'amendement Bourquin.

Reste un frein crucial : les pratiques dilatoires des banques à gérer les demandes de délégation. Alors qu'un délai maximum de 10 jours ouvrés leur ait imposé pour donner une réponse motivée à un client, certaines banques n'hésitent pas à faire traîner les choses sur deux mois. Un non-respect du délai légal entraîne éventuellement une amende de 3 000€. On mesure ici le rôle qu'ont à jouer les courtiers pour accompagner les emprunteurs et faire respecter la réglementation.

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